Malgré une présence massive des drones dans les salons professionnels et un dynamisme technologique réel, le secteur agricole européen reste pénalisé par un cadre réglementaire complexe et restrictif.
L'usage des drones en Union Européenne est soumis à l'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA), mais leur application opérationnelle en agriculture se heurte également à la directive 2009/128/CE sur les pesticides.
Alors que la prise de vue simple relève de la catégorie "open", les activités agricoles entrent dans la catégorie "specific", strictement encadrée en raison des risques liés à la pulvérisation.
La législation européenne interdit par défaut la pulvérisation de produits phytosanitaires par voie aérienne, ce qui inclut les drones. Pour contourner cette interdiction, les opérateurs doivent s'engager dans des procédures d'autorisation nationales extrêmement lourdes, propres à chaque État membre.
Même lorsqu'une autorisation de vol est obtenue, la majorité des produits phytosanitaires indispensables ne sont pas homologués pour une application aérienne en Europe.
Alors que le Japon et la Chine dominent le marché des équipements, l'Europe adopte une posture de prudence (le "non, mais peut-être") qui freine l'innovation locale par rapport aux puissances mondiales.
Par : Bill Wirtz
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