La jeune entreprise espagnole Voltrac franchit une étape vers l'industrialisation de son robot électrique autonome Thor. Après les démonstrations de son modèle de pré-série Thor 2 à Berlin, la société basée à Valence prépare le lancement du Thor 3, première version de série. Voltrac prévoit de fabriquer initialement 96 unités par an, avec l'ambition à plus long terme d'atteindre une cadence de 1 000 véhicules par an. Conçu dès l'origine autour de l'autonomie plutôt que sur la base d'un tracteur diesel rétrofité, l'engin élimine la boîte de vitesses, les filtres et les radiateurs pour réduire le nombre de composants de près de 70 % par rapport à un tracteur conventionnel.
L'énergie est fournie par des blocs de batteries interchangeables à chaud (hot-swappable) garantissant jusqu'à 20 heures d'autonomie continue. Un partenariat avec des fabricants de panneaux solaires est également développé pour proposer des stations de recharge autonomes hors réseau. Si l'hydraulique et l'attelage trois-points sont conservés pour assurer la compatibilité avec le parc d'outils existant des exploitants, l'architecture a vocation à migrer vers le tout-électrique au fur et à mesure de l'évolution des équipements attelés.
Le Thor embarque une architecture informatique double (combinant sécurité fonctionnelle et processeurs CPU-GPU pour le traitement par apprentissage automatique) alimentée par des caméras stéréoscopiques et monoculaires. Cette chaîne de vision analyse l'état sanitaire des cultures et permet de moduler les apports d'intrants au fil des passages, tandis que la plateforme logicielle reste ouverte aux développeurs tiers. Connecté via une double carte SIM et le réseau Starlink avec option de téléopération à distance, le robot s'appuie sur un guidage GPS d'une précision de 5 cm. Ce niveau d'automatisation vise un modèle opérationnel où un unique opérateur supervise simultanément plusieurs machines réparties sur différentes parcelles.
Par : René Groeneveld
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